Epilepsie sous forme d'histoire racontée

 

Journal

Mes mots pour les maux de l’Épilepsie

Ils ont parlé du site

 


Mon épilepsie jour après jour / Page 3

 

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Le 4 mars 2002 :

Quand j’ai commencé à rédiger ce texte, je pensais que beaucoup de plaies étaient cicatrisées, Je me rends compte aujourd’hui qu’il en n’est rien, la plupart d’entre-elles sont encore bien ouvertes, je le constate à chaque ligne écrite.

 

Je suis fatigué et de plus en plus aigri d’avoir toujours peur, le moindre tas de sable devient une montagne.

J’espérais que la maladie m’aurait aidé à relativiser les choses, avoir plus de recul par rapport aux difficultés, et bien non, même cela, elle me le refuse !

L’anxiété et le manque de confiance en moi resteront des compagnons de route plus que fidèles.

Je reste donc moi-même, mettant sur la même échelle d’angoisse, une panne ou un ennui sur le PC et un séjour aux urgences de l’hôpital, je compte autant les petits problèmes journaliers que le nombre de mes crises.

 

Je rends la vie pénible à Christine ma femme, (comme à bien d’autres personnes je suppose), elle doit supporter cet individu, bizarre, bavard et radoteur, aux conversations alambiquées, qui parle une espèce de dialecte, ponctué inlassablement de « qu’est ce que je disais ? »

 

Il est 23.00 heures, je n’ai pas sommeil, mais est-ce une raison pour continuer à me pleurer dessus.

Je pense à Tiphaine, je regarde des photos d’elle à 5 ans et c’est terrible je n’ai aucun souvenir de cette époque. Combien de fois Christine l’a t-elle retrouvée au retour du travail, à mes côtés alors que je gisais inanimé après une crise ou me voyant avec des plaies à la tête. Tous ces chocs n’ont été exprimés par elle qu’à la mort de sa chienne en décembre 2000 (cet événement a servi de détonateur, elle a ainsi pu exprimer ses angoisses face au décès, à la maladie de ses proches).

Quand on me rappelle aujourd’hui tout ce qu’elle a pu subir, j’ai mal pour elle.

 

Je souhaite parler de la « honte », ce sentiment ressenti durement par beaucoup de personnes épileptiques.

Je la vois et je la ressens dans beaucoup de regards croisés. J’ai honte de l’image dégradée que je peux donner quand je déambule dans les rues lors de mes absences, les passants me prennent (peut-être) pour un ivrogne ou un illuminé. Je n’éprouve par contre aucune honte à dire que je suis épileptique.

Pour les réflexions du style « ne va pas te faire opérer, tu vas devenir un légume » ou « le jour où tu as eu ta crise au restaurant, je ne savais pas où me mettre », par contre là c’est pour les auteurs de ces phrases que j’ai honte !

C’est pour ces raisons et pour d’autres encore que l’accouchement de ce texte à été si difficile.

Continuons à parler le plus possible autour de nous de notre épilepsie, ainsi, elle pourra sortir de l’ombre !

 

Le 6 mars 2002 :

Je viens de recevoir un mail de Claude (voir page message),

Il est comme moi invalide deuxième catégorie et n’a pas pu lui aussi obtenir les 80%.

Malheureusement, les personnes qui devraient bénéficier de cette carte, ne peuvent pas l’obtenir sous prétexte, qu’à une époque il y a eu des abus, c’est délirant !

Mais qui a créé ces abus, si ce ne sont les personnes qui minimisent nos handicaps et ne nous accordent rien aujourd’hui.

Il n’est pas question ici de mettre l’honnêteté de ces gens en doute, mais plutôt de dénoncer l’injustice du système et donc d’être légitimement inquiet.

Bon, point à la ligne… je m’énerve et ce n’est pas bon pour ma santé !

 

Le 7 mars 2002 :

Les résultats de l’association du LAMICTAL ®  et du KEPPRA ®  se font attendre, la transition avec EPITOMAX ®  est très difficile (une bonne douzaine de crises en 5 semaines), une fatigue accrue, des migraines de plus en plus mal supportées. Avec le temps cela va peut-être s’améliorer.

Seul point de satisfaction pour l’instant, le soulagement de ne plus redouter les lithiases urinaires provoquées pour l’EPITOMAX ®.

 

Le 8 mars 2002 :

Je viens de recevoir un appel téléphonique de la mairie de ma commune, je pourrai donc prendre les transports urbains gratuitement pour me rendre dans la ville voisine, la carte de gratuité pour les transports en commun m’est accordée.

 

Le 10 mars 2002 :

J’essaie continuellement avec mon orthophoniste, de trouver des « trucs et astuces » pour me faciliter la vie.

 

-     Avant de faire les courses, dessiner un plan du magasin avec l’aide de Christine : cela m’évite beaucoup de fatigue, puisque ma technique jusqu'à présent était de déposer le Caddie, dans un endroit précis et d’aller chercher les produits un par un.

 

-     Me donner des repères, mais ça n’est pas génial, l’autre jour l’orthophoniste m’a demandé de retenir un code, en l’occurrence « 3945 » le repaire était évident dans mon esprit : la date d’une guerre mondiale, mais une semaine plus tard j’avais retenu « 1418 », il n’y a pas de quoi rire ce n’est pas drôle !

 

-     Ressortir les vieux cahiers de calcul mental, (l’Euro me pose de gros problèmes, dire que j’avais voté pour la monnaie unique !)

Mais aussi ceux de français car je souffre d’un manque d’autonomie : aucun courrier, aucun mail, ni même ce témoignage n’auraient pu exister sans l’aide de Christine. Ma confusion des lettres, l’oubli des règles de grammaire… m’en auraient dissuadé.

 

Mais finalement je suis heureux de cette collaboration puisque c’est notre vie qui est racontée ici. 

 

Le 8 avril 2002 :

Je dois me rendre à l’évidence, avec plus d’une trentaine de crises constatées depuis le début de l’année, le KEPPRA ®  ne sera pas (lui non plus) le médicament miracle, malgré deux dosages différents et son association au LAMICTAL ®. Mais c'est du domaine de l'anecdote et de la cuisine, après onze traitements arrêtés pour inefficacité ou effets secondaires, le salut ne passera certainement pas par les comprimés.

 

Il reste l’opération mais l’affaire est très compliquée, car beaucoup de questions se posent :

 

Quelles seraient les conséquences d’une opération sur ma mémoire ?

Si on ôte la lésion, est-ce que cela stoppera la progression du déficit ?

Quel liens réels entre l’épilepsie (lésion) et mes problèmes de mémoire ?

La lésion peut elle devenir plus importante ?

 

Le 6 mai 2002 :

La fatigue depuis quelques temps, est encore plus intense qu’auparavant. Quand je suis seul, il m’est difficile de différencier les crises d’épilepsie des très gros coups de « pompe ».

 

De nouveau, j’éprouve le sentiment de me mettre et de mettre les autres en danger lors de mes sorties, mes quelques activités s’en ressentent et les ateliers informatiques à l’école sont très (trop) souvent annulés.

 

Le 15 mai 2002 :

Je rentre juste de la salpêtrière… comme prévu adieu KEPPRA ®, et bonjour TRILEPTAL ®  toujours avec ce bon vieux LAMICTAL ®.

 

Côté mémoire :

Mon neurologue souhaite que je subisse de nouveau des tests au centre de neuropsychologie et du langage à la Salpetrière.

Pour les réponses aux questions posées plus haut, il est à craindre qu’aujourd’hui il n’y ait deux combats à mener : l’épilepsie et les problèmes de mémoire (aussi invalidants l’un que l’autre.)

Le foyer de départ de l’épilepsie et des problèmes de mémoire est commun (lésion hippocampique), une opération pourrait peut-être sous réserve qu’elle soit possible, diminuer le nombre des crises, mais n’aurait aucune action positive sur le déficit.

De plus, comme je suis arrivé à un stade où on ne devrait plus constater de progression des problèmes de mémoire, l’opération ne peut pas prétendre stopper ni enrayer un processus déjà arrivé à son terme.

 

Tout cela me conforte dans ma décision de suspendre toute démarche en vue de l’opération (je ne souhaite pas prendre encore de décision et reste sur la liste d’attente de la Salpêtrière). Ma première crainte persiste : apprendre au cours des divers examens pré-opératoires que l’opération ne peut avoir lieu, alors quel espoir me resterait-il ?

 

Le neurologue m’a fait part de l’existence d’une troisième voie (encore en devenir) qui ne serait ni pharmaceutique ni chirurgicale. Cela confirme les informations perçues ça et là sur Internet.

 

Le 4 juin 2002 :

Je constate un phénomène de plus en plus présent avant chaque crise épilepsie, une sorte  d’anesthésie du visage (surtout côté droit.)

Dans ces moments là, je me pince la joue, pour être convaincu que la crise est proche.

J’ai également les yeux très rouges et irrités, serait-ce un effet secondaire du KEPPRA ® ?

 

La fatigue est très forte, la transition entre les différents traitements est difficile, contraignante également, chaque semaine je dois retirer un demi-comprimé de KEPPRA ® , pour ajouter un demi-comprimé de TRILEPTAL ®  et ne pas perdre de vue que le LAMICTAL ®  ne bouge pas.

Je devrais avoir l’habitude d’augmenter un médicament et d’en baisser un autre
(sans voir de résultat positif d’ailleurs) et bien non, j’ai besoin de l’aide de ma femme pour accomplir cette tâche. La peur de l’erreur et mon manque de logique et d’attention m’en empêchent.

 

Le 17 juin 2002 :

Nous avons fait la fête samedi, c’était l’anniversaire d’une copine, retour au bercail à 4 heures du mat !

Conséquence, ça m’colle un bourdon pas possible !

je ne suis pas fatigué, je suis complètement anéanti ! C’est à peine si je peux ouvrir les yeux et trouver les touches du clavier, j’ai impression que l’on m’a piqué des lettres !

A chaque fois c’est pareil, un bon moment entre amis qui dure un peu trop longtemps, et c’est la sanction (punition ?), des crises d’épilepsie ou d’énormes fatigues, le lendemain (voir les jours suivants.)

 

Le 19 juin 2002 :

Je viens de recevoir les premiers résultats sanguins (Gama GT) depuis l’introduction du TRILEPTAL ®, cela est plutôt encouragement, car même s’ils sont encore mauvais, l’amélioration est nette.

 

Le 20 juin 2002 :

Je me languis, car dans trois semaines, c’est les vacances !

Nous  retrouverons Sandrine et Omari « nos frangin et frangine » ainsi que Marine notre nièce.

Christine, Tiphaine et moi avons besoin de ces derniers pour recharger les batteries.

Pour ma part, avec eux, je revis l’insouciance et les rires de mon enfance.

Même si souvent bien sûr la maladie essaie (je dis bien essaie) de gâter la fête, mais au diable, ce mois de juillet est pour nous !

Le moral a comme tout le reste besoin d’être soigné.

 

Le 10 juillet 2002 :

J’ai du consulter un « ophtalmo » à Nîmes. Je lui ai fait part de mes problèmes de santé et après une courte discussion, il m’a confié le drame qu’il avait vécu, il y a quelques années : 

L’épilepsie de leur fille, les hospitalisations, les traitements (anti-dépresseurs, neuroleptiques..), le manque de diagnostic (malgré beaucoup « d’absences ») puis une crise plus forte que les autres et elle est « partie ».

La dignité du récit de cet homme et les similitudes avec mon propre parcours, m’ont profondément touché.

 

Le 3 août 2002 :

Compteur 0 pour ce mois de juillet en famille, je suis ravi mais pas véritablement surpris, depuis pas mal de temps, le nombre de crises d’épilepsie est souvent beaucoup plus faible lorsque que je suis entouré sur plusieurs jours.

Mon « neuro » m’a souvent dit que l’épilepsie n’était pas une maladie psychologique, mais que le moral y jouait un grand rôle. 

Donc pas de crises, mais une fatigue immense, seule la volonté de prendre du bon temps, me fait avancer et tenir debout pendant les nombreuses balades.

 

Le 5 août 2002 :

Depuis l’introduction du Trileptal, mes nuits sont hachées, je dors en « bégayant », mon médecin traitant essaie un traitement homéopathique « Chamomilla vulgaris » trois granulés quatre fois par jour. 

 

Le 8 août 2002 :

Je lis de nouveau, au prix de beaucoup d’efforts (quelques pages seulement par jour, autrement je décroche.)

Au temps de ma splendeur à l’imprimerie je devisais, prenais des métrés, passais des commandes… bref maîtrisais le calcul mental.

Aujourd’hui ce n’est plus possible.

Mais le problème le plus invalidant pour moi, c'est l'écriture (j'adore ça, discuter aussi, un vrai moulin à parole !)

 

Je vis toutes ces carences et frustrations comme une humiliation que la maladie m’inflige.

Le pire est que je ne pourrais jamais écrire de lettre d'amour à une maîtresse.

L'amant demandant à son épouse, de corriger les fautes d'orthographe de ses billets doux, vous voyez un petit peu !

Enfin bon, je ne lâcherai rien "j'ai l'épilepsie mais l'épilepsie ne m'aura pas !"

 

Début septembre, je pars pour la salpêtrière à Paris, au menu : une nouvelle série de tests au centre du langage et de la mémoire (ce que vous font subir ces "tortionnaires" n'est pas humain !!!) Cela a pour but d’évaluer de nouveau mon déficit (sur ce que je ressens je crains le pire, mais bon on verra bien)

 

Le 19 août 2002 :

Ce matin « panique totale », suite à la découverte d’une fuite d’eau dans la maison. La poitrine creusée d’angoisse je dois admettre que j’ai de plus en plus de mal à trouver les forces et les ressources nécessaires pour gérer ce genre de choses. J’ai presque peur de dire qu’aujourd’hui, il me faudrait un monde sans problèmes. J’ai toujours cette image du petit soldat qui mène son combat avec force, conviction et volonté contre l’ennemi (la maladie) mais qui n’a plus d’armes : Énergie, courage et patience pour lutter contre… une fuite d'eau !


L
e deuxième classe Frédéric étouffe entre ces quatre murs de caserne et attend désespérément la quille !

 

Le 26 août 2002 :

Je me plains depuis quelques temps de pertes auditives. Après consultation d’un ORL, le diagnostic serait une éventuelle maladie génétique, l’« otospongiose » 

Devant le côté alarmant des quelques informations glanées sur Internet, je souhaite rester très prudent, je vais demander un autre avis.

L’erreur d’être resté sur un seul diagnostic au début de l’épilepsie ne doit pas être renouvelée. Je ne veux pas laisser ainsi la maladie me distancer une fois de plus.

Est-ce mon destin de passer ma vie dans les hôpitaux ou quelqu’un pique t-il des aiguilles dans une poupée ?

 

Le 4 septembre 2002 :

Je suis de retour de la salpêtrière (centre du langage et de la mémoire), au vu des premiers tests, le neuropsychologue me confirme les résultats du 9 juillet 2001, j’y retourne lundi pour la suite !

 

Le 9 septembre 2002 :

Comme prévu, aujourd’hui, j’ai subi plusieurs autres tests qui s’ajoutent à ceux du 4 septembre.

Pour un certain nombre d’entre eux, je crois m’en être plutôt bien sorti : Les dessins à reproduire, faire le lien entre des couleurs et des formes…et d’une manière générale, tout ce qui me semble être lié à la mémoire « visuelle».

Mais malheureusement, se souvenir de mots, même classés par catégories, réciter l’alphabet ou une série de nombres à l’envers, se rappeler d’une histoire racontée une heure plus tôt… m’ont posé beaucoup plus de problèmes.

 

J’ai pu exposer au cours de l’entretien différentes remarques quant à ce que je perçois:

·     Le besoin de voir les informations pour les retenir ( beaucoup plus aisé de suivre le JT de la télévision que les infos de la radio, par exemple.)

·     La nécessité d’entendre le son de ma voix, d’avoir un « retour » :

·     Lire à voix haute pour une meilleure compréhension du texte, me parler des tâches à accomplir pour mieux les assimiler et les retenir…

 

Un petit mot pour la personne qui m’a fait passer ces tests, (puisque que je sais qu’elle me lit.) Je lui confirme (cette fois-ci par écrit) que le terme « tortionnaire » était évidemment à prendre au second degré et que son sourire et sa gentillesse ont gommé bien des fatigues et des…maux de tête !

 

Le 11 septembre 2002 :

Après plusieurs mois de baisse les « Gama GT » remontent sensiblement

(Glutamuy-p.nitranilide) U/L 1 100

 

Le 12 septembre 2002 :

Aujourd’hui, je souhaite prendre un peu de distance par rapport au groupe de discussion sur Internet.

Ses bienfaits toujours évidemment pour moi, ne peuvent cacher bien des difficultés dues en partie je pense à une hypersensibilité de plus en plus présente.

Les souffrances et les angoisses des autres membres s’ajoutent aux miennes. J’ai le sentiment aussi de ne pas toujours employer les mots justes pour exprimer mes joies, mes doutes  (alors que cela est bien plus facile et naturel a travers ce témoignage). Cela entraîne la peur de ne pas toujours être bien compris et de blesser les autres membres.

Enfin, c’est ce que je ressens aujourd’hui, parce que je n’ai pas trop le moral, j’espère que demain j’aurai changé d’avis.

 

Le 18 septembre 2002 :

J’ai crié victoire un peu vite (bien que je ne me faisais pas trop d’illusions) pendant les mois de juillet et août.

Maintenant que je me retrouve de nouveau seul, les crises repartent de plus belle. (Il y en a eu 2 au mois d’août et depuis le début du mois, j’en suis à 6 constatées.)

 

Le 27 septembre 2002 :

Ouahh ! Je viens de vivre depuis trois ou quatre jours, une période plutôt compliquée, ne comptez pas sur moi pour vous la raconter, je n’ai rien vu !

J’avais l’air d’une espèce de « gros zombie » à peine réveillé, avec un regard glauque et le teint blafard, selon les témoignages recueillis sur place.

 

Le 2 octobre 2002 :

Il n’y aura pas d’atelier informatique cette année à l’école de mon quartier, hélas.

L’institutrice, pour plusieurs raisons a jeté l’éponge : nombre important d’enfants, dont certains sont en  difficulté, disparition des emplois « jeune »…

Les enfants et le plaisir que j’avais de « retourner » à l’école me manquent déjà.

Je ne veux pas rester à ne rien faire, il faut que je retrouve une activité bénévole très vite, mon choix s’orienterait tout naturellement vers une association de malade.

Je suis adhérent au BFE depuis quelques années mais j'avoue n'avoir jamais participé concrètement à son action. La journée nationale sur l’épilepsie du 16 novembre arrive et l’occasion est belle de me lancer, j’ai donc envoyé un mail au siège de l’association pour proposer mes services (dans les limites de mes modestes moyens, bien sûr.)

Je les ai mis en garde en leur précisant que je n’étais  pas très grand, pas très beau non plus, que j'oubliais tout, même les règles de grammaire, que je manquais d'attention, possédais une logique très alambiquée... et un dernier petit détail, que le neurologue avait « piqué » les clefs de ma « bagniole » !

 

Si malgré tout cela, ils veulent encore de moi, il faudra que je fasse attention au danger de foncer tête baissée dans l’aventure. Je me connais, dès que le pied sera à l’étrier, mon investissement sera total « physiquement comme émotionnellement. »

Je me « collerai » la pression (comme d’habitude), celle de ne pas décevoir, d’être à la hauteur de la confiance que l’on a mis en moi. Il faudra donc que j’arrive à me détacher pour ne pas payer trop cher le prix de cet engagement.

 

Le 9 octobre 2002 :

Je viens de recevoir un mail de l’association, pour une première réunion de travail, le 21 octobre…

 

Le 12 octobre 2002 :

Une amie, membre de l’association (et qui participe au groupe de discussion) nous a demandé si pour une prochaine publication, Tiphaine pouvait écrire quel regard elle porte sur « l’épilepsie de son papa ».

Elle a accepté bien volontiers, mais sans savoir véritablement comment procéder, alors Christine a  pensé à une sorte de questions/réponses.

Peut-être que j’éditerai son témoignage un jour sur ce site, mais pour l’instant, c’est trop frais. Cela m’a un peu bousculé, je dois dire.

 

Le 21 octobre 2002 :

Il est 15 heures et j’émerge seulement, la nuit a été mouvementée d’après Christine. Ce matin, en consultant l’itinéraire RER/métro, pour me rendre à Paris, j’ai pris conscience de l’état dans lequel je me trouvais (horaires et correspondances, ligne C, ligne D…c’est quoi « ça. ») 

Complètement à la « ramasse », le simple fait de me rendre à la gare de mon domicile (5 minutes à pied) me paraissait un travail de romain. Alors le train s’est transformé en lit très rapidement.

Les rendez vous ne sont malheureusement pas toujours compatibles avec mes crises d’épilepsie. Alors pas de réunion de travail avec le BFE pour aujourd’hui …Encore une défaite (une de plus.)

 

Le 22 octobre 2002 :

J’ai à effectuer pas mal de travaux de décoration à la maison. Samedi j'ai passé mon premier coup de pinceau. Peinture, vernis, colle et papier peint...sont au programme pour un mois !

Comme je l’écrivais, il y a quelque jours à la même amie citée plus haut, « A mon avis cela va se résumer à une journée "boulot" et une journée "dodo ou bobo" en alternance, tu vois c'est "ça" (entre autre) qui me colle les boules, être physiquement plus bon à grand chose, mais pas de problèmes, Frédo - Raoul reste cool... du moins, la plupart du temps ! »

 

Le 29 octobre 2002 :

Je viens de prendre une claque énorme !

La lecture du poème de Romane intitulé « Parasite » m’a scotché sur place. Bouleversant, émouvant…que ces « mots » sont justes et beaux pour exprimer notre souffrance.

Romane tu me dis dans ton dernier mail « franchement s'il peut apporter un petit soutien à des personnes concernées, je serais comblée. » Alors soit comblée, car c’est beaucoup plus que cela que tu nous apportes.

Tes poèmes sont merveilleux, je t’embrasse.

 

Le 5 novembre 2002 :

J’ai beaucoup de crises nocturnes en ce moment, cela a pour conséquence de me traîner encore un peu plus dans la journée : Maux de tête, douleurs musculaires et idées pas claires …

 

Le 16 novembre 2002 :

J’ai participé hier, à la réunion qui se déroulait au Conseil Régional d’Ile de France à Paris, dans le cadre des Journées Nationales de l’Epilepsie.

J’y ai trouvé intérêt et plaisirs :

 

-     L’intérêt de pouvoir entendre des neurologues, des épileptologues, des représentants de la COTOREP, de la médecine du travail, de la CPAM, du monde associatif… L’intérêt également d’entendre les témoignages riches d’enseignement et très émouvants, des malades et parents de malade …

-     Le plaisir d’avoir rencontré beaucoup de gens qui ont une énergie et un courage pas possible. Le plaisir de constater la présence de mon neurologue, ce qui me prouve s’il en était encore besoin, toute son implication…

 

Et surtout, la satisfaction d’avoir rencontré pour la première fois, une amie … que je connais depuis « longtemps », j’éprouve encore ce matin, un sentiment « étrange et délicieux »…VIVA INTERNET !

 

La marche, les émotions, les 3 heures de transport en commun, la nécessité absolue de rester attentif pendant les débats et au cours du trajet, l’idée que lundi, je serai seul…et la fatigue engendrée par tout cela, ne me gâcheront pas le plaisir de cette journée.

 

Le 18 novembre 2002 :

Et bien voilà, c’est lundi je suis de nouveau entre mes quatre murs…et la crise est là. Ce matin c’était pas génial, enfin bon, c’est comme « ça.»…le prix à payer.

 

Seul réconfort, hormis le déjeuner avec Christine et Tiphaine : les mails reçus, car quand j'ai le bourdon et que les minutes ressemblent à des heures, quand il pleut autant sur les Velux que dans ma tête, bref quand je broie du noir de chez noir.

L'une de mes astuces préférées pour me remonter le moral, est de m'installer confortablement dans mon fauteuil informatique, celui que m'ont offert Christine et Tiphaine pour mes quarante ans (la rolls des fauteuils, les "super" accoudoirs, le dossier qui bouge en suivant le dos, la couleur assortie à mes pantoufles... le top!)

Après une pression "délicate et amicale" sur le bouton START de mon PC, Windows apparaît, je cherche l'icône d'Outlook... je la vois, je clique dessus (mais elle en met un temps à s'établir cette connexion!)

Puis c'est la relève du courrier... je regarde frénétiquement la boîte de réception... des messages, je ne suis plus seul !

Je lis "goulûment" tous les mails, j'en rate pas une ligne... et bien cela, je le dois aux amis du groupe de discussion et aux visiteurs du site.

Cela me change (presque) la vie !

 

Le 20 novembre 2002 :

Je viens de terminer la mise à jour et une opération « relookage » du site, je suis complètement « vidé », rester attentif et logique pendant plusieurs heures est vraiment une tâche de plus en plus ardue pour moi, mais tant pis, j’y tiens tellement à mon bébé !

 

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